Venant de la part de Roger Karoutchi, qui vient de publier son nouveau « Livre noir des régions socialistes », il ne fallait pas s’attendre à des louanges.
À deux mois des élections régionales, les chiffres avancés par le président du groupe UMP à la région Ile-de-France ont tout pour contrarier la majorité sortante de Claude Gewerc.
Déjà que Caroline Cayeux, tête de liste de la droite, a fait de l’encourt de la dette à la région - 450 millions d’euros fin 2010 - l’un de ses chevaux de bataille, affirmant même que la collectivité est au bord de faillite, le rapport de l’ancien secrétaire d’État n’est pas bon à mettre en toutes les mains pour le PS.
« La majorité et son président n’ont eu aucun état d’âme à améliorer leur confort », accuse Karoutchi, qui stigmatise des frais de bouche s’élevant à 100 000 € pour une année seulement.
La communication officielle de la Région a également bon appétit. Son budget a dépassé les 4 millions d’euros.
Entre majorité et opposition, la bataille fait rage
Selon Karoutchi, les dépenses de fonctionnement du conseil régional ont explosé, passant de 350 millions en 2004 à 650 en 2009.
Tandis que la hausse générale des impôts atteignait les 38 % en 5 ans, les dépenses de services généraux augmentaient de 38 millions d’euros.
Y avait-il urgence ? « Alors que la crise frappait durement », la Région votait un budget de 30 000 € pour l’achat de six écrans plasma de 46 pouces, installés l’été dernier dans la salle des délibérations, continue Karoutchi.
Entre élus de la majorité présidentielle et de l’opposition, la bataille fait rage, les premiers accusant la gauche de se servir des collectivités territoriales comme d’un rempart à la politique gouvernementale.
C’est tout particulièrement le cas dans l’Oise où le conseil général PS a organisé des réunions dans 28 cantons pour dénoncer la suppression de la taxe professionnelle.
La fiscalité devenue un sujet hautement sensible
Le député UMP François-Michel Gonnot (qui n’est pas conseiller général) est aussitôt monté au créneau. Selon lui, l’organisation de ces réunions confiée à une société privée a coûté 42 000 € au contribuable.
Au milieu d’une campagne morose, la fiscalité est devenue un sujet hautement sensible, comme si l’approche des élections avait subitement rappelé que les Français ont mal au portefeuille.
Prise au piège alors qu’elle avait à son tour augmenté les impôts locaux dans sa ville de Beauvais, Caroline Cayeux a fait machine-arrière-toute, allant jusqu’à créer un fonds de solidarité pour aider les foyers les plus modestes.
Malgré ce mea-culpa, la gauche ne s’est pas privée de lui tomber dessus.
L’hôpital qui se moque de la charité… Entre son arrivée aux affaires en 2004 et 2009, le conseil général isarien a augmenté trois fois ses taux des taxes locales.
Les amateurs de ping-pong apprécieront. Mais il n’est pas dit qu’une majorité d’électeurs saura s’y retrouver.
PASCAL MUREAU |